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dimanche 17 novembre 2019

Alors, on leur prend quoi pour Noël ?


Il semble bien que la période des cadeaux de Noël ait déjà commencé – perso, je trouve que c’est un peu tôt (d’ailleurs, est-ce que ça ne commence pas de plus en plus tôt ?)
Quoiqu’il en soit, les sempiternelles questions restent les mêmes : les enfants, on leur achète quoi pour Noël ?

Certains parents ont à cœur d’offrir quelque chose en lien avec une pédagogie alternative à la mode qu’ils adorent (je pense particulièrement à Montessori, Mason, Waldorf). Au moins pour les 2 derniers, offrez quelque chose qui vient de la Nature, et vous serez bien plus proche des vraies idées des fondateurs de ces pédagogies – et ça vous coûtera beaucoup moins cher – voire rien.
Internet regorge de sites vendant de très jolies choses, qui font fort envie (à nous, les parents – vous aurez peut-être remarqué qu’une fois sur deux – ou 9 fois sur dix ? – les enfants s’en moquent complètement). En ce qui me concerne, je trouve ça révoltant : faire de l’argent sur le dos de ces pédagogues, c’est juste contraire à leurs théories. Et, en ce qui concerne plus spécifiquement Maria Montessori, je trouve utile quand même de rappeler qu’elle s’adressait d’abord à des enfants d’origine défavorisée – pas dans le but de leur vendre des cubes en bois à prix d’or.
Acheter des belles choses, les payer cher, après tout cela relève de la responsabilité individuelle, mais, de grâce, ne mélangeons pas tout, et respectons les idées originales et leurs auteurs.


D’autres parents vont vouloir offrir beaucoup de choses (on peut se demander pour combler quel vide ?) ; d’autres voudront au contraire offrir très peu ; d’autres encore choisiront de suivre une méthode à succès qui circule abondamment sur Facebook, chaque fois que la fameuse « période officielle » revient : celle des « 4 cadeaux ».
Les 4 cadeaux, c’est quoi ? on offre à chaque enfant 4 cadeaux :
o   Quelque chose d’utile
o   Quelque chose à mettre
o   Quelque chose qui plaît
o   Quelque chose à lire

Et … on en reste là.

Cependant, les vraies bonnes questions à se poser, sont :
o   L’enfant est-il content ?
o   Et, surtout, ses besoins sont-ils satisfaits ?

Je pense que nous trouverions sans peine de nombreux adultes pour relater des noëls traumatisants parce qu’affreusement tristes, les enfants n’ayant absolument pas reçu des choses qui leur plaisaient, mais où, malgré tout et sous peine de recevoir une punition quelconque, ils devaient manifester un certain contentement (pour ne pas dire un contentement certain).

La vraie solution, lorsque l’on se positionne dans l’accompagnement respectueux de l’enfant, c’est de prendre ce qu’ils demandent. Pourquoi ? parce que s’ils le demandent, pas une fois bien sûr, mais 18 fois par jour, c’est que ce jouet/jeu va combler en eux un besoin.

Les enfants savent bien mieux que nous de quoi ils ont besoin.

Non, un petit garçon qui réclame une poupée n’est pas forcément un homosexuel en devenir (et quand bien même ?) – il a simplement besoin de materner, de reproduire des gestes qu’il a vus faire par sa maman, ou par quelqu’un d’autre. Il n’y a aucun mal à ça, c’est même plutôt une bonne étape pour l’avenir.
Un enfant qui réclame une boîte de médecin, a probablement eu un décès, ou une hospitalisation, dans son entourage proche dans les mois ou années qui viennent de s’écouler : il a besoin, à travers sa boîte de docteur, d’apprivoiser ces outils qui ont été utilisés sur un être aimé.

Il convient donc de se placer du point de vue de l’enfant :

Leur monde n’est pas notre monde.

Il y a tout un tas de choses qui nous sont acquises, qui leur sont totalement étrangères – et, de ce fait, effrayantes. Or en effet, le jeu est ce qui permet au jeune enfant de s’informer, d’apprendre comment se passent les choses, d’apprivoiser des situations effrayantes, et/ou qu’il ne maîtrise pas, d’exercer son comportement et ses réactions face à une situation donnée, etc.

Le jeu est fondamental pour son développement.

De fait, quand on refuse à un enfant un jouet qu’il réclame, on lui refuse son droit fondamental à expérimenter un aspect de la vie qui le turlupine, c’est aussi simple que ça.
Et oui, ça marche aussi pour les armes. Un enfant qui demande un jouet-arme, a besoin d’apprivoiser la violence du monde qui l’entoure, de comprendre et d’apprendre les gestes pour se défendre – il n’a aucune intention de nuire, à moins d’avoir grandi dans une famille où il a été maltraité au quotidien.

N’oublions pas autre chose : en offrant un cadeau à Noël, on ne doit pas penser à nos propres besoins :
o   Je n’ai pas beaucoup d’argent
o   Je n’ai pas eu ça à son âge alors que j’en rêvais – donc non, on n’achète pas un jouet à notre enfant pour en réalité satisfaire notre enfant intérieur
o   Je trouve ça moche – et alors ? lui, il trouve ça beau !
o   Je ne veux pas de « la Reine des Neiges » (ou autre hein, c’est juste un exemple J)
o   Il est hors de question que je mette autant d’argent dans un jouet, ou que j’achète un jouet-arme, etc, etc

J’en vois déjà dont le poil se hérisse : on ne peut pas acheter tout ce qu’ils demandent, et on ne peut pas dépenser autant d’argent. Répondons ici par étapes :
o   Mais enfin, on ne peut pas acheter tout ce qu’ils demandent : non, bien sûr que non – encore que, un enfant dont les besoins sont comblés régulièrement (je n’ose pas dire au quotidien, mais j’en rêve), ne réclamera pas 50 jouets, mais plus probablement un, ou quelques-uns. On ne dit pas non fermement non plus (le non est extrêmement négatif pour le cerveau de l’enfant (de l’adulte aussi, non ?) Mais, on explique que ça va être compliqué de tout prendre. SI, ils sont capables de comprendre : si on leur explique calmement, de manière raisonnée, sans faire preuve d’adultisme (= je sais mieux que toi/je décide, car je suis l’adulte), et avec patience, amour, respect, et surtout, surtout, sans leur mentir
o   On ne peut pas dépenser autant d’argent : là encore, on explique, de manière raisonnée et respectueuse, c’est-à-dire sans leur mettre sur le dos des problèmes qui ne sont pas les leurs (comme vos prochaines factures, ou le coût de l’apéro du 31 avec vos copains, par exemple). Tout simplement, cela pourra être : « je n’ai pas assez d’argent pour tout prendre, peux-tu choisir un ou 2 préférés ? »

·      Le cas particulier des enfants qui passent trop de temps devant la télévision.
L’enfant réclame ce dont il a besoin : oui. C’est un fait avéré, pas par moi, mais par de nombreux, et respectueux thérapeutes de la petite enfance (pas des guignols qui passent régulièrement à la télé). Mais – car il y a un mais, ce serait trop facile sinon – ce n’est pas le cas des enfants qui passent plusieurs heures par jour devant la télévision (comprenez, 2/3 heures). Pourquoi ? parce que leur cerveau est soumis aux messages publicitaires, à un âge où il n’est pas capable de discernement, et où il est extrêmement influençable. En quelques mots, si l’enfant voit régulièrement une pub qui lui fait passer le message « tu as absolument besoin de ce jouet », qu’elle qu’en soit la raison, c’est exactement ce que son cerveau va enregistrer – et c’est en cela, que la télévision est si dangereuse pour les jeunes enfants : elle imprime en eux des messages qui sont faux.

·      Alors, en résumé, on fait quoi ?
o   Limitez le temps devant les écrans, et privilégiez le temps passé ensemble, afin d’apprendre à connaître vos enfants
o   Soyez à l’écoute de vos enfants, entendez leurs besoins – MAIS, entendez aussi les vôtres ! parce que


Ce n’est que quand vos propres besoins seront assouvis que vous serez en mesure de satisfaire ceux de vos enfants convenablement


o   Vous verrez que, passé un certain âge – qui varie selon chacun – ils sont tout à fait capables de vous faire clairement comprendre ce qu’ils veulent – et parfois, cela vous surprendra


Joyeuses Fêtes !


dimanche 3 novembre 2019

Retrouvez mes articles en ligne sur divers aspects de l'IEF et des pédagogies alternatives, en suivant ce lien : http://www.pass-education.fr/ief-ecole-a-la-maison-enseignement-a-distance/


mardi 1 octobre 2019

Pourquoi les feuilles changent-elles de couleur en automne ?



Ces jolies couleurs que l’on voit éclore ici et là quand arrive l’automne – et même parfois, un peu avant – sont en fait toujours présentes dans les feuilles. Mais, elles sont masquées par la présence de chlorophylle.

La chlorophylle, c’est un pigment responsable de la photosynthèse des végétaux. Ce pigment permet une absorption abondante du rayon lumineux, c’est ce qui crée la couleur verte. C'est ce qui fait que les plantes et les arbres transforment la lumière en nutriments.


Quand arrive l’automne, les jours raccourcissent, et le rayonnement solaire se fait de moins en moins important : l’absorption du rayon lumineux étant moindre, la feuille a moins de chlorophylle. D'autre part, les végétaux se préparant pour l'hiver ont également moins de besoins nutritionnels. Le fait que les feuilles tombent aident dans ce processus : l'arbre s'allège pour avoir moins de besoins nutritionnels. 

Ce pigment vert s’estompe donc peu à peu, permettant alors aux autres couleurs des feuilles de flamboyer.

Jaunes, les feuilles sont dominées par les xantophylles. 
Oranges, elles sont dominées par les carotènes. Cela marque le début du ralentissement de la photosynthèse, et la préparation à la mise en sommeil de l'hiver. L'infinité de palettes variant entre ces couleurs témoigne des variations d'équilibre entre ces deux molécules au sein de la feuille.


La couleur rouge est celle des anthocyanines. Elle ne concerne que certains végétaux, le plus connu étant probablement l'érable. Contrairement aux jaunes et aux oranges, elle n'est pas présente d'emblée dans les feuilles : c'est une couleur spécifique à l'automne, un pigment de rouge, violet et bleu, que l'on retrouve aussi dans certains fruits à maturation. 


Son rôle semble être à la fois 
  • de protéger les feuilles fragilisées par le départ progressif de la chlorophylle, contre les rayons du soleil;
  • et de prévenir les insectes envisageant de coloniser l'arbre pendant la saison froide que les feuilles leur sont devenues toxiques (par la présence précisément de cette molécule). 

Au fur et à mesure que la feuille se meure, l'arbre récupère ses substances vitales par l'intermédiaire de la sève. Il les stocke en prévision de l'hiver. Lorsqu'il n'y a plus de substance intéressante à récupérer, un bouchon se forme à la base du pétiole (la tige), empêchant toute vie d'affluer encore vers la feuille. Celle-ci va alors mourir. Quand elle est devenue totalement brune, c'est que c'est fini, et elle tombe - si le vent ou des mains admiratives ne l'ont pas cueillie avant.